La Direction souhaite aujourd’hui remettre en cause le dispositif des primes liées aux médailles du travail. Présenté sous l’angle d’une évolution ou d’une économie, ce choix est pourtant loin d’être anodin.
Car derrière la médaille, il y a surtout la reconnaissance financière de l’ancienneté, de l’engagement et de la fidélité des salariés à BPACA.
Et c’est précisément cette reconnaissance que la Direction envisage aujourd’hui de revoir.
RECRUTER LES JEUNES, C’EST BIEN. LEUR DONNER ENVIE DE RESTER, C’EST MIEUX.
BPACA communique beaucoup sur les jeunes entrants, l’attractivité de l’entreprise, le recrutement et la nécessité d’attirer de nouveaux talents. Et c’est une bonne chose.
Mais une politique RH ne peut pas se limiter à faire entrer de nouveaux salariés par la porte d’entrée tout en réduisant progressivement la reconnaissance de celles et ceux qui ont choisi de rester.
Les salariés expérimentés d’aujourd’hui ont contribué pendant des années aux résultats de BPACA, à son développement, à la transmission des compétences et à l’accompagnement des nouvelles générations.
Et surtout : les jeunes d’aujourd’hui sont les expérimentés de demain.
Eux aussi regarderont ce que BPACA leur propose sur la durée. Eux aussi seront sensibles à la reconnaissance de leur parcours après 20, 30, 35 ou 40 années passées dans l’entreprise.
Réviser à la baisse les primes récompensant l’ancienneté, ce n’est donc pas seulement toucher les plus anciens. C’est envoyer un message à toutes les générations.
Celui d’une entreprise qui dit vouloir fidéliser… tout en réduisant les dispositifs qui récompensent justement la fidélité.
FAIRE PLUS POUR LES JEUNES ? OUI. MAIS PAS EN PRENANT AUX PLUS ANCIENS !
S’il s’agit d’améliorer les dispositifs destinés aux jeunes salariés, nous y sommes évidemment favorables.
Mais pourquoi faudrait-il nécessairement le faire à coût constant ? Pourquoi faudrait-il améliorer la situation des uns en diminuant les droits ou les primes des autres ? Ce choix n’a rien d’inéluctable.
BPACA a les moyens de faire mieux pour les jeunes sans raboter la reconnaissance de l’ancienneté.
Et au regard des excellents résultats de notre entreprise, elle a même les moyens d’aller plus loin dans la reconnaissance de la fidélité, plutôt que d’organiser un partage d’une enveloppe constante entre générations.
Nous refusons cette logique qui consisterait à opposer les jeunes aux salariés plus expérimentés. Nous voulons mieux pour les jeunes ET mieux reconnaître l’ancienneté.
LE POUVOIR D’ACHAT N’EST PAS UNE VARIABLE D’AJUSTEMENT
Cette réflexion intervient dans un contexte où le pouvoir d’achat des salariés est déjà fortement sous pression.
La hausse des prix pèse sur les dépenses du quotidien et les nouvelles tensions inflationnistes viennent encore rogner les budgets. La hausse du coût des carburants est particulièrement sensible pour de nombreux collègues qui n’ont d’autre choix que d’utiliser leur véhicule pour venir travailler. Dans ce contexte, toucher à une prime n’est pas une simple ligne comptable.
C’est du pouvoir d’achat en moins pour les salariés concernés.
À l’heure où chaque hausse de prix se ressent dans le budget des familles, la réponse de BPACA ne peut pas être de rechercher de nouvelles économies dans les dispositifs qui bénéficient directement aux salariés.
QUELQUES MILLIONS POUR LES SALARIÉS : TROP CHER ?
Cette remise en cause permettrait notamment à BPACA de réduire de quelques millions d’euros son passif social.
Quelques millions, à mettre en perspective avec une BPACA qui réalise près de 100 millions d’euros de résultat.
Mais la comparaison devient encore plus intéressante lorsque l’on regarde les choix financiers effectués ces dernières années.
BPACA a participé à différentes opérations et augmentations de capital au niveau de BPCE représentant, tous projets confondus, plusieurs centaines de millions d’euros en quelques années.
Lorsqu’il s’agit d’investir des sommes considérables au niveau du Groupe, la capacité financière existe donc.
Lorsqu’il s’agit de maintenir quelques millions d’euros consacrés à la reconnaissance des salariés et de leur ancienneté, soudainement, chaque euro semble compter.
4 MILLIONS ? « SUPPORTABLES » D’UN CÔTÉ…
Le 21 novembre 2025, lors de la présentation en CSE d’un projet d’augmentation de capital lié à une opération d’acquisition de Novo Banco, notre Direction évoquait elle-même :
« qu’un impact négatif potentiel sur le résultat ne serait QUE de 4 M€ si nous n’avions pas de dividendes sur cette opération au regard de l’investissement. Qu’est-ce que 4 M€ à l’échelle de notre résultat ? »
(Cf. page 7 du PV de CSE du 21 novembre 2025)
À l’échelle des résultats de BPACA, 4 millions d’euros pouvaient donc être envisagés dans le cadre d’une opération financière.
Alors posons une question très simple :
POURQUOI QUELQUES MILLIONS SERAIENT-ILS SUPPORTABLES POUR UNE OPÉRATION FINANCIÈRE…
MAIS DEVIENDRAIENT-ILS INSUPPORTABLES LORSQU’ILS BÉNÉFICIENT AUX SALARIÉS ?
C’est là toute l’incohérence.
On peut mobiliser des centaines de millions d’euros pour accompagner les ambitions et opérations du Groupe. On peut envisager plusieurs millions d’euros d’impact sur le résultat sans remettre en cause une opération.
Mais lorsqu’il s’agit de reconnaissance, de fidélisation et de pouvoir d’achat des salariés, on cherche des économies jusque dans les dispositifs récompensant leur ancienneté.
DES NÉGOCIATIONS VONT S’OUVRIR : NOUS AURONS BESOIN DE VOUS !
Des négociations vont désormais s’ouvrir sur l’avenir de ce dispositif.
Nous y porterons une position claire : améliorer ce qui doit l’être, oui. Réduire les primes et organiser un partage à coût constant entre les générations, non.
Malheureusement, l’expérience nous montre qu’à BPACA, les marges de négociation laissées aux organisations syndicales sont trop souvent particulièrement étroites lorsque la Direction a déjà arrêté ses orientations.
Nous irons donc à cette négociation déterminés à défendre la reconnaissance de l’ancienneté et la fidélisation de toutes les générations de salariés ainsi que notre pouvoir d’achat, .
Mais pour peser réellement dans cette négociation, nous aurons besoin de votre soutien.
Parce qu’une entreprise qui veut construire l’avenir doit savoir attirer de nouveaux salariés, mais elle doit également reconnaître celles et ceux qui la font vivre aujourd’hui et qui ont choisi de lui consacrer une partie de leur carrière.
L’ANCIENNETÉ N’EST PAS UN COÛT. C’EST UNE FORCE POUR BPACA.
LE POUVOIR D’ACHAT DES SALARIÉS N’EST PAS UNE VARIABLE D’AJUSTEMENT.
La fidélité mérite d’être récompensée, pas économisée.
Voici le tract que nous avons publié ce 9 septembre :

