Chaque année, la Banque Populaire Aquitaine Centre Atlantique contribue aux résultats du Groupe BPCE. Ces résultats sont publics, ils progressent depuis plusieurs exercices, grâce au travail du réseau, des centres d’affaires, des équipes du siège, de la relation commerciale, du traitement, du support, de l’IT… Bref : grâce à tous les salariés.
Mais une question revient régulièrement chez les collègues : « Où va l’argent que nous contribuons à produire ? »
1. La richesse créée : un effort collectif
Dans notre banque, la richesse produite se mesure principalement à travers :
- le Produit Net Bancaire (PNB) → la valeur de nos activités,
- le Résultat Brut d’Exploitation (RBE) → la performance opérationnelle,
- le Résultat Net → ce qui reste après avoir payé les frais, provisions et impôts.
Ces bons résultats sont régulièrement mis en avant dans les communications internes.
Pourtant, les salariés ont parfois le sentiment de ne pas en voir les retombées :
- salaires qui stagnent,
- primes variables sous pression,
- effectifs en tension,
- réorganisations successives,
- charge mentale et commerciale qui s’intensifie.
2. Dividendes : un choix politique, pas une fatalité
Au niveau du Groupe BPCE, une part importante des résultats est redistribuée sous forme de dividendes aux différents détenteurs de parts sociales et aux organes centraux.
Ce choix influence directement la stratégie locale.
Plus la politique de dividendes est exigeante, plus :
- la pression pour “faire des économies” augmente,
- les budgets d’embauche se réduisent,
- la capacité à investir sur les outils, le conseil, la formation diminue.
Autrement dit :
la recherche du rendement financier peut entrer en contradiction avec la qualité du service et les conditions de travail.
3. Réserves et investissements : un équilibre essentiel
Une banque coopérative devrait avoir une logique différente des banques privées traditionnelles :
➡️ renforcer les réserves,
➡️ investir dans la longévité, la fiabilité, l’expertise,
➡️ accompagner les territoires et leurs acteurs.
C’est d’ailleurs l’un des fondements du modèle coopératif. Mais si la priorité est donnée au court terme financier, cet équilibre se dégrade.
Conséquences déjà visibles dans le réseau :
- Fermetures ou regroupements d’agences,
- Départs non remplacés,
- Difficulté à maintenir une relation de proximité,
- Tension sur les métiers d’expertise pourtant stratégiques.
4. Ce que nous portons à l’UGICT-CGT BPACA
Nous demandons que :
- La part des dividendes soit contenue pour préserver la capacité d’investissement local.
- Les salariés soient les premiers bénéficiaires de la richesse créée :
- augmentation du salaire fixe → seule vraie reconnaissance durable,
- revalorisation des parcours professionnels,
- recrutements adaptés aux besoins réels des agences et services,
- développement des compétences et du temps consacré au conseil.
- La politique coopérative soit réaffirmée, réellement, pas seulement en communication.
Conclusion : remettre l’humain au cœur de la stratégie
Les salariés ne demandent pas la lune. Ils demandent simplement que le fruit de leur travail :
- ne soit pas aspiré vers le haut,
- mais revienne à celles et ceux qui le produisent,
- et serve les territoires, notre raison d’être.
Être coopératif, ce n’est pas une histoire de logo ou de slogan. C’est un choix économique et social concret. Et ce choix peut et doit être débattu.
